ROAD-TRIP : DANEMARK. Partie 1/2

ROAD-TRIP : DANEMARK

Entrée prison Froslev letren

4 jours, 3100 km, du vent, encore du vent, et toujours du vent !

Quoi de mieux pour roder un nouveau brelon ?

  Mon voyage au Danemark ; ou quand quatre jours vous paraissent un mois entier. Mais bon, au moins, cette fois-ci, j’avais une meule un peu plus adaptée à ce que j’allais lui faire subir. Eh oui ! J’ai revendu ma Harley (que vous pouvez voir dans cet article) après seulement quelques mois, suite au voyage vers La Slovénie… Non pas que celle-ci ne me plaisait pas (c’était une superbe bécane), mais disons que foutre un engin à ce prix dans la boue, ça fait un peu mal. Cela sans parler de son agilité digne d’un éléphant somnambule atteint d’arthrite aigüe…

Route dangereuse - Danemark  Je suis donc passé dans un tout autre genre de machine. Après deux Harley (un 883 cafra et une BREAKOUT), j’ai craqué sur une Kawa W800. En effet, outre son look méchamment rétro et son style épuré, c’est avant tout son moteur incroyablement polyvalent, ainsi que sa conduite extrêmement facile qui m’ont séduit. Quoi de mieux qu’une moto multifonction pour voyager à l’arraché et camper hors-piste ? Et je ne vous le cache pas, après maintenant 18000 km, j’en suis vraiment content. Tellement que je compte d’ailleurs la tuer jusqu’au bout, hé hé. Et puis bon, c’est quand même plus facile de péter un garde-boue à 80 euros, qu’un à 1700 non ?

Virklund - Allemagne

Enfin bref, passons de suite au sujet principal : Le Road-Trip !

JOUR 1

« La première journée pourrait se résumer à un mot dégueux : AUTOBEURK »

Ce sera bien plus simple pour moi de vous raconter tout cela, car j’ai eu la bonne idée, ce juin 2015 où j’ai effectué le trip, de prendre un petit carnet avec moi, afin de ne rien oublier !

Et me voilà donc à quitter ma femme et ma toute petite fille (en me disant que je suis vraiment une ordure), puis me lancer dans cette aventure, accompagné par cette habituelle appréhension qui hante les départs.Fôret Virklund - Allemagne  La première journée pourrait se résumer à un mot dégueux : AUTOBEURK. Hé oui ! Désolé de casser vos rêves, mais monter jusqu’au Danemark, zigzaguer sur toute la longueur et largeur du pays, puis revenir à la maison en seulement quatre jours… implique forcément de l’autoroute. En gros, ce fut deux jours pourris pour la montée et la descente, puis deux jours de pure exploration dans le plus petit pays Scandinave. Tout à un prix… Mais ça valait le coup, sinon, je n’aurai pas pu voir cela :

Plage - Danemark« Et là, je commence à me rendre compte de la grandeur de L’Allemagne »

  Mais parlons-en de l’exploration, l’aventure, tout ça… Car bien que cette fois-ci j’étais correctement équipé contre la pluie, j’ai eu la bonne idée de partir sans carte, ni rien d’autre pour me repérer que quelques noms de grandes villes. Je me disais, avant de partir : « C’est bon, j’ai noté les grandes destinations à suivre, je n’aurai qu’à suivre les panneaux sur l’autoroute ». Hum… Elle est bien bonne celle-là. Résultat ? Trajet sans problème jusqu’à la frontière des Pays-bas, puis j’ai la bonne idée de faire un peu de petites routes, histoire de souffler un peu. Je fais donc un détour par Nijmegen (Nimègue), puis l’enfer débute.Quelque part entre L'Allemagne et les Pays-bas  Impossible de réussir à retrouver mon trajet initial, les petites routes furent vraiment une mauvaise idée. Je ne sais absolument pas où je suis. Cela m’apprendra à vouloir brûler les étapes et  jouir de l’aventure dès le début. Je me dirige alors vers la première ville et commence à demander mon chemin. Ni une ni deux, la première personne (un jeune roots hyper sympa) m’indique la route à suivre pour rejoindre Kleve (Clèves) et ainsi retrouver l’Allemagne, puis l’autoroute.

  Une fois sur celle-ci, je commence à me rendre compte de la grandeur de L’Allemagne. Je suis Essen, fais un détour par Dorsten, puis tourne en rond, n’étant pas fichu de trouver un seul panneau m’indiquant Munster ! Re-Essen, c’est infernal, je pète une durite et commence à rouler comme une merde en me disant même que je vais arrêter là et retourner chez moi. Mais non, hors de question. Tant pis pour le style, j’achète une carte de L’Allemagne pour une dizaine d’euros à la première station que je croise, et à partir de là, forcément, ça va mieux.

Bordel Essen  Il faut tout de même préciser que, comme vous pouvez le voir ci-dessus via Google Map, il y a tellement de villes grandes comme petites à ce niveau de L’Allemagne, que seules les destinations proches sont indiquées sur les panneaux. C’est donc  à savoir ! Enfin, j’ai quand même perdu un bon 2H30, et ça ce n’est pas bon du tout. Malgré ça, je  me sens très en sécurité sur la route, les allemands roulent très bien, et surtout, savent rouler vite sans créer de danger. Nous sommes loin des autoroutes à deux voies limités à 90. Finalement, je finis tout de même par sauter de joie sur ma selle en voyant enfin ce foutu panneau MUNSTER ! Les kilomètres défilent alors, tout comme l’heure, mais plus je regarde ma carte, plus je me rend compte que je n’avance pas… Nom de Dieu que ça va être long. J’en ai déjà ras le bol de l’autoroute…

  Enfin, ça valait le coup non ?

Plages de l'Est - Danemark  Le temps passe et j’abandonne mon objectif de rejoindre Le Danemark en une journée. D’ailleurs, à ce moment, cela me parait irréalisable (je ferais pourtant bien plus au retour). Au moins comme ça, pour une fois, je planterais ma tente de jour ! Je cherche donc une zone verte sur ma carte et sors au niveau de Steinfeld. Bingo ! un petit bois bien sympathique m’attend. Je rentre par le chemin pièton, puis quitte la piste une fois que j’aperçois un  coin à l’abri des regards. Je ne vous cache pas que ce fut un plaisir monumental de rentrer ainsi comme un sauvage en pleine nature ; la meule ne bronche pas une seconde et soudain, je sais que je ne regretterai jamais l’achat de cet engin. Ce petit moulin fait tout ce que je lui demande !

Hors piste - Allemagne   Il est environ 19 heures et j’ai parcouru 800 kilomètres avec une prise au vent totale. Inutile de préciser que j’avais mérité un apéro digne de ce nom. Allez ! Dégustation de sauciflard, un bon vieux sky et quelques pringles oignon ; les outils indispensables du bon campeur quoi. J’avale tout ça, avec un scarabée pour seul compagnon au milieu des bois, et jouis d’un magnifique soleil qui sort le bout de son nez pour me réchauffer. Sur ce, un cultissime Eddie VEDDER dans les oreilles, et me voilà bien préparé pour une nuit digne de ce nom.

Compagnon de tente - Allemagne
C’était sans compter ces putains de moustiques.
JOUR 2

Ce fut 500 bornes autant venteuses que hasardeuses

Nord de l'Allemagne   Je me lève vers 5 heures afin de rattraper le retard de la vieille, remballe tout, ingurgite quelques cakes et deux gros cafés, puis me dirige vers la frontière Danoise. Une averse me suit du début à la fin de L’Allemagne et je me fais démolir l’arrière par des cafés à 3 euros qui peinent à me réveiller. Des bouchons de malade au niveau de Flensburg me feront perdre un temps fou, mais ça y est ! M’y voilà enfin ! Voir la frontière fut un pure plaisir moment de plaisir. Je vais enfin pouvoir rouler où je le désire, comme je le désire. Le cœur de l’aventure commence et à moi la découverte.

Entrée au Danemark   Je me balade donc de nouveau sans la moindre carte et vire à gauche et à droite en fonction de mes envies. Quel pied ! J’arrive ainsi dans la forêt de Froslevlejren qui borde l’ancienne prison de Froslev (je ne verrai plus que des noms à la con de ce genre pendant deux jours).

   Le coin est superbe et la météo est passée de pluie à beau temps, bien qu’il fasse assez froid tout de même. Je découvre que l’accès à la prison est gratuit mais interdit aux motos, je jure puis retourne en forêt prendre l’apéro sur une petite table de bois.Coin repas - Danemark   Peu après, je commence à rentrer dans de vrais chemins de terre et prends un pied pas possible avant de me rendre compte que je tourne presque en rond depuis 1 heure. Bon ce n’est pas vraiment grave, mais je ne dispose que de deux jours pour retourner le pays, alors autant optimiser ceux-ci. J’achète donc une carte afin de continuer à explorer librement, mais tout en gardant un sens de marche plus précis (Nord, Ouest, etc…).

Aventure - Danemark   Je découvre la beauté des campagnes danoises. Particulièrement vers le centre de la carte. Tout ce jaune, toute cette nature et si peu de constructions humaines, et c’est d’une propreté ! Les fermiers semblent être les rois du pays, habitent des sortes de villas aux granges rouges aussi grandes que magnifiques, cela sans parler des terrains absolument énormes dont ils jouissent pour la plupart.

Centre du pays - Danemark   Je ne croise que peu de monde sur les routes et le pays semble complètement endormit. Tant mieux ! J’atteins un bois à moitié mort et pourtant charmant. J’y fais une petite pause.

   Je tombe sur une jeune Danoise qui attend le bus, sous un ciel désormais gris. Je lui demande donc la direction des plus beaux coins alentours. Franchement, je ne sais pas si toutes les danoises sont aussi belles et agréables qu’elle, mais celle-ci était une splendide rouquine souriante, à la peau blanche parsemée de grains de beauté bien nommés, tandis que ces yeux bleu azur… Enfin BREF, je m’égare. Elle m’indique la direction pour le Lac de Sogard et je m’y rend sans plus attendre. Le lac en question est vraiment sympa, mais la météo moins.

Lac de Sogard - Danemark    Les incapables de nos banques n’étant pas fichus de faire un change monétaire en moins de deux semaines, je me dirige vers Le Port D’Abenrha pour prendre des couronnes danoises.

   Je fais ensuite un peu d’autoroute pour quitter l’Est du pays, mais surtout une météo qui part en vrille totale. Une demi-heure plus tard, je retourne dans de bons vieux chemins de terre et fais gentiment le con avec ma meule, quitte à manquer de me torcher au moins trois fois sur les gravillons qui recouvrent la terre, sans parler du sable fin qui commence à s’y mêler aussi. N’empêche, le coin est d’un calme extrême et d’un charme indiscutable.Quelque part au Danemark   Je suis maintenant au fin fond de la cambrousse et commence à me poser des questions. Pour être franc, je ne sais absolument pas où je suis. Je tourne et tourne encore, traverse des endroits somptueux et tombe enfin sur deux vieilles femmes en plein jogging.

Toujours perdu - Danemark   Ces dames m’indiquent la route avec bonne humeur et force sourire. Je croiserai ensuite de drôles de vaches et une plantation de sapins énorme et incroyablement organisé, avant de décider qu’il est temps de m’arrêter.

« Le vent m’a littéralement explosé la nuque et le dos ; à un point où j’en viens à rêver de Trails et autres grosses bulles bien moches. Houla ! Houla ! On se reprend mon garçon ! »

   Épuisé, je m’arrête dans la forêt de Vilkrup qui est interdite aux motos et aux campeurs ; parfaite pour moi, donc. Me revoilà donc à faire du hors-piste pour aller planter la tente. Mais, à mon plus grand bonheur, je découvre que la zone est plutôt marécageuse…

Fôret de Vilkrup - Danemark   Deux chutes, un cligno H.S, 20 minutes à tenter de planter la béquille centrale à différents endroits, et tous les muscles du corps démoli plus loin : j’arrive enfin à me poser. Cette forêt se mérite… Ces foutus moustiques, autant énormes qu’infatigables, sont de nouveau à l’assaut.Vilkrup - Danemark   La journée fut éprouvante et plein de sensations diverses. Le vent m’a littéralement explosé la nuque, le dos, et j’en viens à rêver de Trails et autres grosses bulles bien moches. Houla ! Houla ! On se reprend mon garçon ! Ceci dit, à part un R100T et quelques scooters munis d’une bulle aussi haute que moi, je n’ai pas vu beaucoup de deux-roues. Si vous aviez pu voir leurs tronches quand ils m’ont aperçu. « Quoi, un mec assez stupide pour se pointer sans protection contre le vent en Scandinavie ? Haha ! » Enfin, ce devait être un truc du genre.

   Tout cela pour dire que, encore une fois, l’apéro est bien mérité ! Mais, malgré ça, le sourire de ma fille me manque déjà terriblement, tandis que la chaleur de ma femme m’obsède. Surtout à l’intérieur de cette pauvre tente puante, froide et sale depuis facilement un an ! Hé hé.

Fin de la première partie !

Ne ratez pas la suite que je ne tarderais pas à dévoiler, surtout si vous voulait savoir ce que cela fait de se faire réveiller par un garde forestier à 5H du mat’… Sans parler de la beauté de La Route 40 qui me mènera au Cap Nord du pays ; ou encore des étranges marécages du Parc National de Thy…

entrée dans les marécages de THY

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14 réflexions sur “ROAD-TRIP : DANEMARK. Partie 1/2

  1. Ben j’admire ! J’ai voyagé comme ça en 1974, j’avais 17 ans, en mobylette, en écosse… Je retrouve bien l’ambiance galère et les moments de fatigue… Les meilleurs souvenirs sont à ce prix…. En tout cas ça respire l’honnêteté car ce n’est pas enjolivé et c’est vraiment agréable de te suivre…. Les photos sont très belles. Par contre, je pense que c’est le genre de truc à faire à plusieurs motos (2 ou 3, pas plus). J’attends de deuxième acte !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Laurent. Tu as bien résumé : les meilleurs souvenirs sont à ce prix ! Pour ce qui est du nombre de moto, c’est à voir. C’est vrai qu’à deux par exemple, cela peut être vraiment sympa.
      Seul, cela représente une vraie difficulté, car il n’est pas toujours facile de se retrouver face à soi-même ^^

      Merci de ton soutien, je suis heureux que tu apprécies !

      J'aime

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